Des gens en Paris

Poème primé par le jury de Flammes Vives,
lauréat de la flamme de bronze de la poésie 2010

Des gens de lettres en Paris
Gribouillent sur du papier
Des mots pour affronter l’oubli.
Plume assoiffée dans l’encrier
Trempe, s’imbibe de bleu.
Portées sur les perchoirs des feuilles,
Les lettres s’ennuient de nos yeux
Inondés d’un trop plein d’orgueil.
Des gens de robe en Paris
Siègent dans le tribunal,
Se rangent, le parti est pris,
Attaquent et coincent leur rival
Jamais combat n’est silencieux.
Ils s’écrasent sur un écueil
Et lancent la poudre aux yeux
Inondés d’un trop plein d’orgueil.
Des gens de maison en Paris
Les meubles désuets astiquent,
Le sol est lavé et verni,
Sont payés de reproches caustiques.
Ils servent les riches bienheureux
Affalés dans leur grand fauteuil
Qui les méprisent de leurs yeux
Inondés d’un trop plein d’orgueil.
Le dictionnaire est boiteux,
Ici et là des mots en deuil
Que négligent souvent nos yeux
Inondés d’un trop plein d’orgueil.

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