Au balcon

Laissez-vous emporter par la douce mélodie du balcon d’en face…
Poésie publiée dans le « P’tit Toré », périodique des étudiants de l’ULG.

Il jouait du violon
Sur le rebord du balcon.
Je sentais son archet virevolter,
Créer un do, un mi, un ré.
Son regard se perdait dans le ciel,
La musique au loin s’évadait,
Une chanson douce comme un bonbon de miel.
Elle me parlait, je la retenais.
Moi, le regard fixé sur les œillets
J’inclinais l’arrosoir sous les bourgeons.
L’eau doucement s’infiltrait,
Débordait sur la rambarde du balcon.
Ma main immobile,
L’esprit ailleurs,
Je cherchais un mobile
Pour que la distance se meure.
Les aiguilles trottent sur le cadran,
Le temps s’accélère, elles s’essoufflent.
Le silence, un instant,
Le monde semble reprendre son souffle.
Loin des grandes théories de l’acoustique,
Il caresse les cordes du violon,
Jongle de ses notes magiques
Sur des fragments de partition.
Ma main immobile,
L’esprit ailleurs,
Je cherche un mobile
Pour que la distance se meure.