Désert d’orangers

Poésie inspirée d’un jeu de mots sénégalais.
À vous de trouver l’homophone de « désert d’orangers » ou …
Découvrez-le au fil des vers!

Désert d’orangers
Te ronge et s’étale,
T’avale tel un mensonge
Bien ficelé de sève d’or à l’écorce
Qui vient sans tarder.
De trêve, il n’y en a dans la mort féroce.
Dans ce quadrillage familier,
Une feuille sur le marbre,
De l’arbre un écueil,
Se dérobe à la branche ancestrale.
Un râle, il déclenche, et le snob
Danse sur le grillage des crucifiés.
Fleur d’oranger,
Ma fièvre couleur pêche
Que lèchent les lèvres
D’or désabusées du lierre en cavalcade
Sur ton corps parfumé.
Dans ses déserts, il est en rade.
Entends le cri éphémère
Au souffle du vent glacé
Du condamné qui se ment et s’essouffle
A rabâcher sa prière au feuillage.
Sans âge, il erre à marcher cent pas.
Lentement, il fuit la lumière.
Une effluve d’oranger
Se mélange et te parvient.
Te retient l’enivrant secret qui lui tient à cœur.
Le temps qui le cachait crie
Mais à l’heure ne tient plus qu’un bruit.
Un pétale flétri
Où le temps n’a plus d’emprise
Se grise au fût de vin blanc, soûl.
Il crie mais s’étale le défunt
Sur la dalle de marbre froid
Qui le broie et l’avale, pur.
Ah Mal, l’heure du râle de l’homme
Qu’on assomme de pétales de fleur pâle.
Ah mon Béranger! Hier encore il cueillait
Le genêt, mordant le quartier d’oranger.
Roi de ses heures, insouciant de sa peine,
La scène s’impatiente qu’il meure sur la croix.
Déjà il gît parmi des milliers,
Roi de sa vie, non de ses heures.
Et la fleur sent bon la pisse de chat
Balayée par ci, elle gît par là. Pourrie.
D’orangers est désert
Ce cimetière d’os rangés.

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